[Ip-health] Tribune de Genève interview with Sunjay Sudhir (Permanent Mission of India to the WTO)

Thiru Balasubramaniam thiru at keionline.org
Fri Jul 30 01:30:18 PDT 2010


http://archives.tdg.ch/TG/TG/-/article-2010-07-2195/pour-sunjay-sudhir-delegue-pour-la-propriete-intellectuelle-pour-la-mission-de-l8217inde-aupres

«Les faux Un prétexte venu du Nord»

Pour Sunjay Sudhir,délégué pour la propriété intellectuelle pour la  
Mission de l’Inde auprès de l’Organisation mondiale du commerce,  
lutter contre les contrefaçons s’inscrit dans une guerre commerciale  
Nord-Sud. Brillant négociateur, il fédère, avec les représentants du  
Brésil, les pays en voie de développement. Ce faisant, l’Inde poursuit  
toutefois son intérêt de grand producteur de médicaments génériques.

<b>Les pays en voie de développement, dont l’Inde, ne jugent-ils pas  
importante la lutte contre les contrefaçons de médicaments?</b>

C’est absurde! Nous déplorons évidemment les décès ainsi que les  
pertes économiques subies par les producteurs légitimes. L’Inde est  
d’ailleurs signataire du TRIPS(ndlr: accord de 1994 sur la propriété  
intellectuelle établissant un niveau minimal de protection de la  
propriété intellectuelle à chacun des membres de l’Organisation  
mondiale du commerce). Pour nous, la propriété intellectuelle est une  
forme de propriété comme une autre. Les pays développés doivent  
comprendre que ce domaine n’est pas la première priorité des pays en  
voie de développement (PVD).

<b>Mais les contrefaçons tuent, selon l’Organisation mondiale de la  
santé (OMS). Et surtout dans les PVD.</b>

Certes, et il faut lutter contre ce commerce. Nous combattons  
toutefois le fait que l’Europe et les Etats-Unis profitent de ce  
prétexte pour promouvoir leurs propres industries. Et cela, au  
détriment de l’essor des médicaments génériques, dont on sait  
l’importance.

<b>En tant que grand producteur,votre pays n’a-t-il pas, lui, intérêtà  
promouvoir les génériques?</b>

C’est vrai. Mais ils sont très utiles: 90% des médicaments contre le  
sida que l’on trouve en Afrique sont produits en Inde.Pourquoi? Parce  
qu’ils sont moinschers que les médicaments suisses ou américains.

<b>En quoi le terme même de contrefaçon pose-t-il problème?</b>

Cette notion se réfère uniquement à une violation de la propriété  
intellectuelle. On dit ce qui est un vrai sac Louis Vuitton et ce qui  
ne l’est pas. La qualité n’entre pas en ligne de compte. Il est donc  
erroné d’affirmer, comme le font les pharmas, les pays du Nord et,  
jusqu’à récemment, l’OMS, que lutter contre les contrefaçons est un  
enjeu de santé publique. La confusion est volontairement entretenue  
entre qualité du médicament – objectif que personne ne conteste – et  
contrefaçon. Nous préférons le terme «faux» ou médicament de «qualité  
inférieure».

<b>L’OMS se fourvoie-t-elle donc avec sa campagne Impact?</b>

Oui, et d’abord car il s’agit d’une initiative émanant d’une  
association de pharmas européennes. Ensuite, parce que l’OMS s’y est  
jointe sans mandat des pays membres. Elle est cependant revenue sur  
ses pas en mai, sous la forte pression des PVD, pour créer un groupe  
de travail. Son but consiste à trouver des solutions pour lutter  
contre les «faux» en excluant tout durcissement du cadre, notamment  
des sanctions, régissant la propriété intellectuelle. Il examinera  
aussi les liens qui unissent l’OMS aux pharmas.


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Thiru Balasubramaniam
Geneva Representative
Knowledge Ecology International (KEI)
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