[Ip-health] Future of financing for WHO

Patrick Durisch durisch at ladb.ch
Wed May 18 00:18:59 PDT 2011


Below is anarticle published in today's edition of the Swiss newspaper Le Temps regarding the future financing for WHO, currently under discussion at the 64th World Health Assembly


http://www.letemps.ch/Page/Uuid/b7d48758-80c2-11e0-9bd4-c3d52b571e2d/LOMS_est-elle_menac%C3%A9e_de_privatisation

Nations unies  mercredi 18 mai 2011

L’OMS est-elle menacée de privatisation?
Par Stéphane Bussard

La directrice générale de l’institution, Margaret Chan, appelle à une réforme structurelle et financière drastique. Les ONG redoutent une marginalisation de l’organisation

Bill Gates dans l’antre de l’Organisation mondiale de la santé. Mardi, le milliardaire et cofondateur de Microsoft est venu s’adresser à la soixantaine de ministres et aux 1800 délégués présents à la 64e Assemblée mondiale de l’OMS qui se tient à Genève cette semaine. Il a exhorté les Etats à investir dans les vaccins pour «sauver 10?millions de vies» d’ici à 2020. L’intervention du philanthrope américain était d’autant plus symbolique que l’OMS, a expliqué sa directrice générale Margaret Chan, est sur le point «d’entreprendre les plus larges réformes dans la gestion et les finances» de l’histoire de l’institution onusienne fondée voici soixante-trois ans.

Margaret Chan dresse un constat sans concession: «A la fin de cette décennie, trop dispersée et ayant pris trop d’engagements, l’OMS s’aperçoit qu’elle a besoin de se réformer. Les priorités ne sont pas définies de façon assez sélective ni stratégique.» De fait, l’institution onusienne applique déjà un budget d’austérité. Pour Margaret Chan, une réforme structurelle s’impose si l’OMS entend faire face aux défis sanitaires du XXIe siècle, comme l’augmentation des maladies chroniques et non transmissibles. La crise a ouvert «une nouvelle et éprouvante ère d’austérité économique». Pour l’exercice 2010-2011, le budget total de l’OMS se chiffre à 4,5?milliards de dollars dont 1,56 milliard provient de 2000 contributions volontaires. Celles-ci proviennent pour 53% des Etats membres, 21% de l’ONU et d’organisations internationales, 18% de fondations, 7% d’ONG et 1% du secteur privé. Or ces contributions baissent de 10 à 15%. En 2011, l’OMS affiche un déficit de 300 millions de dollars qu’elle promet de résorber dans les trois ans. Ces problèmes financiers ne sont pas sans conséquences. Trois cents postes sur les 2400 que compte le siège de l’OMS à Genève seront supprimés. La perspective provoque déjà un vent de panique parmi le personnel. Les voyages, les publications ainsi que les recrutements seront limités, certains services vont devoir fusionner. Enfin, selon l’AFP, le budget de 4,8 milliards de dollars de l’OMS prévu pour 2012-2013 sera amputé d’un milliard, soit près de 25%. Responsable du programme Santé auprès de la Déclaration de Berne, une ONG, Patrick Durisch déplore le phénomène: «Les financements fixes calculés en fonction d’un pourcentage par Etat membre sont à la baisse. 80% des fonds publics de l’OMS proviennent de contributions volontaires. C’est un vrai problème. Ces contributions sont liées à des programmes spécifiques. Il est dès lors très difficile pour l’OMS de fixer des priorités à long terme.»

Face à ces difficultés financières, le partenariat privé-public suscite un intérêt croissant à l’OMS. Bill Gates en est l’exemple le plus parlant. A lui seul, il représente presque 10% du budget de l’organisation. En 2008, le milliardaire était le deuxième plus grand contributeur volontaire après les Etats-Unis. Cette année-là, il a versé 338,8 millions de dollars à l’OMS. Pour 2010-2011, son apport s’élève à 220 millions.

La difficulté relève des garde-fous à introduire pour que l’industrie n’exerce pas une influence démesurée sur la politique sanitaire de l’OMS. Au cours des deux dernières années, la pandémie de grippe A (H1N1) avait suscité un tollé. Parmi les experts conseillant l’institution onusienne figuraient plusieurs personnes issues de l’industrie pharmaceutique. Même si l’OMS avait institué une procédure visant à éviter les conflits d’intérêts, beaucoup nourrissaient des doutes, d’autant que l’institution spécialisée de l’ONU avait attendu la fin de la pandémie pour dévoiler le nom desdits experts. Autre exemple: dans un groupe de travail consultatif sur le financement de la recherche et du développement de l’OMS siège Paul Herrling. Proposé par la Suisse et nommé par le Conseil exécutif de l’OMS en janvier, ce directeur de recherche auprès de Novartis devra se prononcer sur un financement de 10 milliards de dollars dont il est lui-même à l’origine.

Les ONG ne cachent pas leur inquiétude par rapport à la réforme, même si elles ne sont pas opposées au partenariat privé-public. Le projet de Margaret Chan qui les préoccupe le plus, c’est la volonté de créer un Forum mondial de la santé dès novembre 2012 qui inclurait tous les acteurs de la santé, privés et publics. «En créant ce Forum mondial de la santé, on met l’industrie et le secteur privé sur le même plan que les acteurs publics et les ONG. Cela risque d’accroître sensiblement l’influence de l’industrie sur la politique sanitaire de l’OMS», souligne Tido Von Schoen-Angerer, directeur de la campagne pour l’accès aux médicaments auprès de Médecins sans frontières. Ce dernier juge nécessaire d’inclure l’industrie, notamment pharmaceutique, dans les discussions de l’OMS. Mais elle ne doit pas être partie prenante à la prise de décision. La crainte, c’est que ce forum enlève les prérogatives de l’Assemblée mondiale de la santé. «Plutôt que d’insérer la multitude d’acteurs privés dans la gouvernance de l’organisation, il faut affirmer un fort leadership de l’OMS et améliorer la participation du secteur privé dans le cadre actuel.» Conseiller politique auprès de l’ONG Oxfam, Rohit Malpani estime que le secteur privé a déjà une influence certaine sur l’OMS, notamment Bill Gates. Les discussions ne font que commencer. L’enjeu est majeur. Il s’agit de savoir si l’OMS restera le vrai pilote de la politique sanitaire mondiale ou si elle se contentera d’assurer la coordination.

OMS  mercredi 18 mai 2011

Donateurs privés
Par S. Bu.
Liste de quelques contributeurs privés de l’Organisation mondiale de la santé

Quelques contributeurs privés pour l’année 2010

Bayer AG: 560 500 dollars

Bill and Melinda Gates Foundation: 219 787 513 dollars

Bloomberg Family Foundation: 15 400 000 dollars

Eli Lilly and Company Foundation: 1?096?000 dollars

GlaxoSmithKline: 523 844 dollars

Lions Clubs International Foundation: 4?930?810 dollars

Nippon Foundation: 1?634?280 dollars

Novartis: 500 000 dollars

Rotary International: 71?933?568 dollars

Sanofi-Aventis: 4 417 959 dollars

Syngenta Crop Protection AG: 395 023 dollars 




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