[Ip-health] WHO reform and future financing articles

Joanna Keenan joanna.l.keenan at gmail.com
Wed May 18 03:06:50 PDT 2011


Two articles on WHO reform and funding have appeared in Swiss French papers
Tribune de Geneve and Le Temps

Le Temps
Is WHO threatened with reform?
Article on WHO future financing and reform, including some groups' concerns
that the Global Health Forum at the end of 2012 will include a
disproportionate influence of the private sector.
[Full text in French below]

Tribune de Geneve
Bill Gates, a major player of global health
Article on Bill Gates and the Bill and Melinda Gates Foundation's
contribution to the WHO and global health as a whole
[Full text in French at the bottom]

Le Temps Article in French:
OMS est-elle menacée de privatisation?

Bill Gates dans l'antre de l'Organisation mondiale de la santé. Mardi, le
milliardaire et cofondateur de Microsoft est venu s'adresser à la
soixantaine de ministres et aux 1800 délégués présents à la 64e Assemblée
mondiale de l'OMS qui se tient à  Genève cette semaine. Il a exhorté les
Etats à investir dans les vaccins pour «sauver 10 millions de vies» d'ici à
2020. L'intervention du philanthrope américain était d'autant plus
symbolique que l'OMS, a expliqué sa directrice générale Margaret  Chan, est
sur le point «d'entreprendre les plus larges réformes dans la gestion et les
finances » de l'histoire de l'institution onusienne fondée voici
soixantetrois ans.



Margaret Chan dresse un constat sans concession: «A la fin de cette
décennie, trop dispersée et ayant pris trop d'engagements, l'OMS s'aperçoit
qu'elle a besoin de se réformer. Les priorités ne sont pas définies de façon
assez sélective ni stratégique.» De fait, l'institution onusienne applique
déjà un budget d'austérité. Pour Margaret Chan, une réforme structurelle
s'impose si l'OMS entend faire face aux defies sanitaires du XXle siècle,
comme l'augmentation des maladies chroniques et non transmissibles. La crise
a ouvert »une nouvelle et éprouvante ère d'austérité économique». Pour
l'exercice 2010-2011, le budget total de l'OMS se chiffre à 4,5 milliards de
dollars dont 1,56 Bill Gates, important contributeur privé de l'OMS.milliard
provient de 2000 contributions volontaires. Celles-ci proviennent pour 53%
des Etats membres, 21% de l'ONU et d'organisations internationales, 18% de
fondations, 7% d'ONG et 1% du secteur privé. Or ces contributions baissent
de 10 à 15%. En 2011, l'OMS affiche un deficit de 300 millions de dollars
qu'elle promet de résorber dans les trios ans. Ces problèmes financiers ne
sont pas sans conséquences. Trois cents postes sur les 2400 que compte le
siège de l'OMS à Genève seront supprimés. La perspective provoque déjà un
vent de panique parmi le personnel. Les voyages, les publications ainsi que
les recrutements seront limités, certains services vont devoir fusionner.
Enfin, selon l'AFP, le budget de 4,8 milliards de dollars de l'OMS prévu
pour 2012-2013 sera amputé d'un milliard, soit près de 25%. Responsible du
programme Santé auprès de la Déclaration de Berne, une ONG, Patrick Durisch
déplore le phénomène: «Les financements fixes calculés en fonction d'un
pourcentage par Etat membre sont à la baisse. 80% des fonds publics de l'OMS
proviennent de contributions volontaires. C'est un vrai problème. Ces
contributions sont liées à des programmes spécifiques. Il est dès lors très
difficile pour l'OMS de fixer des priorités à long terme.» Face à ces
difficultés financières, le partenariat privé-public suscite un intérêt
croissant à l'OMS. Bill Gates en est l'exemple le plus parlant. A lui seul,
il représente presque 10% du budget de l'organisation. En 2008, le
milliardaire était le deuxième plus grand contributeur volontaire après les
Etats-Unis. Cette année-là, il a versé 338,8 millions de dollars à l'OMS.
Pour 2010-2011, son apport s'élève à 220 millions. La difficulté relève des
garde-fous à introduire pour que l'industrie n'exerce pas une influence
démesurée sur la politique sanitaire de l'OMS. Au cours des deux dernières
années, la pandémie de grippe A (H1N1) avait suscité un tollé. Parmi les
experts conseillant l'institution onusienne figuraient plusieurs personnes
issues de l'industrie pharmaceutique.



Même si l'OMS avait institute une procédure visant à éviter les conflits
d'intérêts, beaucoup nourrissaient des doutes, d'autant que l'institution
spécialisée de l'ONU

avait attendu la fin de la pandémie pour dévoiler le nom desdits experts.
Autre exemple: dans un groupe de travail consultatif sur le financement de
la recherche et du développement de l'OMS siège Paul Herrling. Proposé par
la Suisse et nommé par le Conseil exécutif de l'OMS en janvier, ce directeur
de recherché auprès de Novartis devra se prononcer sur un financement de 10
milliards de dollars dont il est lui-même à l'origine.



Les ONG ne cachent pas leur inquiétude par rapport à la réforme, même si
elles ne sont pas opposes au partenariat privé-public. Le projet de Margaret
Chan qui les préoccupe le plus, c'est la volonté de créer un Forum mondial
de la santé dès novembre 2012 qui inclurait tous les acteurs de la santé,
privés et publics.



«En créant ce Forum mondial de la santé, on met l'industrie et le secteur
privé sur le même plan que les acteurs publics et les ONG. Cela risque
d'accroître sensiblement l'influence de l'industrie sur la politique
sanitaire de l'OMS», souligne Tido Von Schoen-Angerer, directeur de la
campagne pour l'accès aux medicaments auprès de Médecins sans frontières. Ce
dernier juge nécessaire d'inclure l'industrie, notamment pharmaceutique,
dans les discussions de l'OMS. Mais elle ne doit pas être partie prenante à
la prise de décision. La crainte, c'est que ce forum enlève les prérogatives
de l'Assemblée mondiale de la santé. «Plutôt que d'insérer la multitude
d'acteurs privés dans la gouvernance de l'organisation, il faut affirmer un
fort leadership de l'OMS et améliorer la participation du secteur privé dans
le cadre actuel.» Conseiller politique auprès de l'ONG Oxfam, Rohit Malpani
estime que le secteur privé a déjà une influence certaine sur l'OMS,
notamment Bill Gates. Les discussions ne font que commencer. L'enjeu est
majeur. Il s'agit de savoir si l'OMS restera le vrai pilote de la politique
sanitaire mondiale ou si elle se contentera d'assurer la coordination.

Tribune de Geneve article in French
Bill Gates, acteur majeur de la santé mondiale

Le cofondateur de Microsoft a injecté l'an dernier 2,4 milliards de dollars
dans la santé, l'éducation et le développement Si on était dans un dessin
animé de Tex Avery, tout l'auditoire de la 64e Assemblée mondiale de la
santé - qui se tient à Genève jusqu'au 24 mai - aurait des dollars à la
place des yeux. Comment voir autrement Bill Gates, qui se trouvait hier à la
tribune des Nations Unies? Lui qui est un des hommes les plus riches du
monde et qui distribue, de surcroît, ses dollars par paquets. Le cofondateur
de Microsoft est ainsi un des rares entrepreneurs invités dans le sérail
onusien. Il est aussi et surtout un des principaux contributeurs aux
programmes de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Pour les années
2010 et 2011, la Fondation Gates (FG) a donné 220 millions de dollars (sur
un budget de 4,5 milliards), après des contributions de 338 millions au
cours des années 2008 et 2009. Elle est ainsi le deuxième donateur pour les
contributions volontaires à l'OMS, après les Etats-Unis.

Un acteur incontournable
L'aide privée est indéniablement devenue un acteur incontournable de la
santé mondiale. Reste maintenant à savoir si les choix du philanthrope
américain, le plus gros contributeur privé, sont bons. «Les
vaccins sont l'un des meilleurs investissements que l'on puisse réaliser
pour l'avenir, a affirmé hierBill Gates. Nous devons augmenter le rythme des
distributions.» La vaccination est un des dadas de la
FG, qui rêve par exemple d'éradiquer la polio ou de trouver un vaccin contre
le paludisme. Mais est-ce la bonne approche de santé publique? Vaut-il mieux
lutter par maladie ou poursuivre une approche
globale, par des objectifs simultanés tels que l'amélioration de l'hygiène,
la vaccination, la salubrité de l'eau...? La Fondation se défend en
soulignant qu'elle consacre aussi des fonds au développement.
Il est clair que les nouvelles technologies et le développement de nouveaux
médicaments intéressent davantage le milliardaire que les systèmes de santé.
Ne favorise-t-il pas de fait trop l'industrie? «C'est une bonne et une
mauvaise chose», estime Tido van Schoen-Angerer, directeur général de la
campagne Médecins sans frontières pour l'Accès aux médicaments essentiels.
«Cela pousse l'industrie à s'engager sur les marchés des pays pauvres. Mais
cela peut aussi causer des dégâts si l'industrie fait trop sa propre
promotion.»

Détermination des priorités
Une des critiques vient du fait que les choix de la FG restreignent la
compétence des agences onusiennes dans la détermination de leurs priorités.
Sans parler des pays en développement qui n'ont aucune
prise sur les décisions des acteurs de l'aide internationale. «Il est
certain qu'en consacrant autant d'argent dans autant de domaines, la
Fondation Gates influence l'agenda international. Beaucoup de décisions sont
prises à Seattle», relève le responsable. Et de conclure: «Ce n'est pas un
processus très démocratique, mais la santé mondiale irait mieux si davantage
de milliardaires faisaient comme lui.»

La Fondation
La Fondation Bill et Melinda Gates, dont le siège est à Seattle, emploie 927
personnes. Le fonds de dotation dépasse de peu les 37 milliards de dollars
et, depuis sa création en 2000, 24,8 milliards de dollars
ont déjà été accordés. En 2010, le montant des subventions s'est élevé à 2,6
milliards de dollars. Les employés sont en train de déménager dans le
nouveau campus, au coeur de la ville, répondant aux
critères de développement durable les plus stricts. Les subventions vont de
quelques milliers de dollars à plusieurs dizaines de millions par projet.
A-M.B.



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