[Ip-health] La Tribune de Genève: OMS: les six candidats passent leur grand oral

Thiru Balasubramaniam thiru at keionline.org
Mon Oct 31 01:28:16 PDT 2016


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OMS: les six candidats passent leur grand oral

Succession de Margaret Chan Le processus de sélection du successeur de
Margaret Chan démarre mardi. Les candidats vont être mis sur la sellette.

Mardi et mercredi, les candidats à la succession de la Chinoise Margaret
Chan (photo) au poste de directeur général de l’Organisation mondiale de la
santé (OMS) présenteront leurs programmes et répondront aux questions des
Etats membres.Image: SALVATORE DI NOLFI/Keystone

Par Alain Jourdan

30.10.2016


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Les 1er et 2 novembre prochains, les six candidats à la succession de
Margaret Chan au poste de directeur général de l’Organisation mondiale de
la santé (OMS) présenteront leurs programmes et répondront aux questions
des Etats membres. Les uns et les autres ont entamé leur travail de
lobbying depuis plusieurs semaines déjà, mais cette échéance annonce un
premier filtrage.

En janvier prochain, le Conseil exécutif de l’OMS établira une liste
restreinte d’au maximum cinq candidats. Les membres du Conseil exécutif
interrogeront ensuite les sélectionnés et désigneront trois d’entre eux, au
maximum, dont la candidature sera présentée à l’Assemblée mondiale de la
Santé en mai 2017, date à laquelle s’achève le mandat de la Hongkongaise.
Auparavant, le Conseil exécutif ne soumettait qu’un seul candidat.
Aujourd’hui, le processus de sélection se veut plus transparent.

Pas de priorité régionale

La compétition s’annonce rude. Les six candidats en lice ont de sérieux
atouts. L’Ethiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus a été souvent présenté comme
le grand favori, au prétexte que ce serait au tour de l’Afrique de prendre
la direction de l’OMS. L’Union africaine soutient d’ailleurs sa
candidature. Mais les règles ont changé. Le Comité exécutif de l’OMS a
débattu de la question et décidé de privilégier les compétences lors du
choix final. On a vu avec l’élection du successeur de Ban Ki-moon que les
critères régionaux pouvaient passer à la trappe. Le poste de secrétaire
général de l’ONU, qui devait être normalement dévolu à un candidat issu de
l’Europe de l’Est, a été attribué au Portugais Antonio Guterres.

Le candidat africain ne dispose donc pas de prime au départ. Au contraire,
les obstacles s’accumulent sur sa route. Des opposants éthiopiens font
campagne pour s’opposer à sa candidature. Ils rappellent son appartenance à
un gouvernement qui est accusé de violer les droits de l’homme. Ils
exhument également un bilan peu flatteur: la mauvaise gestion d’une
épidémie de choléra en 2008 alors qu’il était ministre et l’évaporation de
fonds destinés à la santé. Les articles publiés dernièrement par la BBC et
le New York Timessur les exactions commises par le gouvernement éthiopien,
qui soutien sa candidature, devraient le priver d’un grand nombre de voix.
A cela s’ajoute le questionnement sur les énormes moyens financiers mis à
sa disposition pour se faire élire à la tête de l’OMS avec le recours aux
services d’un cabinet de lobbying très réputé.

Rien n’est joué donc et les jeux semblent très ouverts. Le Français
Philippe Douste-Blazy, qui est parti très tôt dans la course, dispose de
sérieux appuis et d’un véritable crédit international acquis en tant que
président d’Unitaid. Le Français a participé aux six derniers comités
exécutifs régionaux de l’OMS et a multiplié les rencontres avec les
représentants des gouvernements étrangers. Bien qu’il soit issu du centre
droit et proche d’Alain Juppé, avec lequel il a cofondé l’UMP, l’ancien
ministre de la Santé et des Affaires étrangères a bénéficié d’un soutien
sans faille de François Hollande et du quai d’Orsay. Proche de la Fondation
Clinton, il pourrait aussi bénéficier d’un soutien américain si Hillary
Clinton était élue.

En quête d’un «politique»

Philippe Douste-Blazy est un candidat sérieux, mais l’Europe part en rangs
dispersés avec l’Italienne Flavia Bustreo et le Britannique David Nabarro.
Lequel cumule les handicaps. Le gouvernement britannique le soutien à peine
et les séquelles du Brexit n’en font pas le favori des Européens. Quant à
Flavia Bustreo, si elle jouit d’une excellente réputation, elle n’a jamais
exercé de fonctions politiques au sein d’un gouvernement. Or, l’OMS semble
vouloir se doter d’un directeur qui soit un «politique». Compte tenu des
exigences posées, la Pakistanaise Sania Nishtar et le hongrois Miklós
Szócska, tous deux anciens ministres, font figure de candidats également
très sérieux pour la succession de Margaret Chan.

Les Etats membres de l’OMS seront-ils tentés de pousser à nouveau une femme
pour compenser l’élection d’un homme à la tête de l’ONU? Ou pousseront-ils
le candidat issu de l’Europe de l’Est pour réparer une «injustice»? Sur le
papier l’équation est compliquée. Pour le moment, tout se joue dans les
couloirs et les salons feutrés du Palais des Nations et des grands hôtels
genevois.

(TDG)

(Créé: 30.10.2016, 19h37)



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