[Ip-health] Le Temps: Novartis renonce à un brevet prometteur

Thiru Balasubramaniam thiru at keionline.org
Mon Dec 16 23:59:36 PST 2019


https://www.letemps.ch/economie/novartis-renonce-un-brevet-prometteur

Novartis renonce à un brevet prometteur

Le géant rhénan cède ses droits sur le Kymriah, une thérapie prometteuse
utilisée contre certains cancers du sang. Une mesure prise à la suite d’une
contestation menée par deux ONG qui jugent son prix exorbitant

Pour la première fois en Europe, une opposition lancée par des ONG dans le
domaine des brevets pharmaceutiques a abouti à une révocation. Lundi, les
organisations Public Eye et Médecins du monde ont annoncé que Novartis
avait renoncé à ses droits sur le Kymriah, une thérapie utilisée contre
certains cancers du sang.

«Novartis et l’Université de Pennsylvanie ont convenu que le brevet qui
fait l’objet d’une opposition n’est pas essentiel au développement du
Kymriah et la décision a été prise d’y renoncer», confirme un porte-parole
du groupe bâlois, que nous avons sollicité.

Thérapie inédite

Tout commence en 2011, quand l’Université de Pennsylvanie dépose un brevet
sur un traitement oncologique prometteur. Cette prestation médicale, qui
sera baptisée Kymriah, consiste à prélever des globules blancs du patient,
les reprogrammer génétiquement afin qu’ils attaquent les cellules
cancéreuses, avant de les réinjecter dans le corps du patient.

En 2012, Novartis obtient la totalité des droits pour le commercialiser. En
août 2017, le Kymriah est approuvé par la FDA, l’instance qui autorise la
mise sur le marché de médicaments aux Etats-Unis. En Suisse, Swissmedic
donne son feu vert en octobre 2018. Le traitement demeure à ce jour peu
utilisé mais il reste prometteur. En Suisse, Novartis facture 370 000
francs par injection.

Exorbitant, selon les deux ONG. Public Eye et Médecins du monde
introduisent en juillet 2019 une opposition contre l’un des brevets du
Kymriah auprès de l’Office européen des brevets (OEB), à Munich, dont les
décisions s’appliquent aussi en Suisse. Elles estiment que Novartis n’a
rien inventé, cette prestation médicale reposant surtout sur des recherches
et des financements publics.

«Sa révocation représenterait un signal fort en matière de politique de
santé contre l’utilisation abusive des droits de propriété intellectuelle
et l’explosion incontrôlée des prix des médicaments», estimaient les ONG
dans un communiqué cet été. Elles s’attendent à un long combat.

Eh bien non. Fin novembre, Novartis et l’Université de Pennsylvanie
demandent la révocation du brevet en question à l’OEB, qui la lui accorde
le 9 décembre. En septembre, Novartis avait déjà renoncé à une demande
portant sur un autre brevet autour du Kymriah.

76 millions en 2018

Victoire pour les ONG? Presque, car le Kymriah demeure protégé par un autre
brevet. Le renoncement de Novartis ne permet pas de produire de versions
identiques du traitement, mais il renforce tout de même la capacité de la
concurrence à produire des versions similaires à moindre coût.

Comme la commercialisation d’un traitement n’est pas liée à un brevet, la
révocation du Kymriah n’a aucune influence sur sa disponibilité sur le
marché. Sur les neuf premiers mois de 2019, ce traitement a rapporté 182
millions de dollars au groupe bâlois, selon Novartis. Lundi, l’action du
groupe bâlois a clôturé à 91,53 francs, en hausse de 0,35%.


-- 
Thiru Balasubramaniam
Geneva Representative
Knowledge Ecology International
41 22 791 6727
thiru at keionline.org


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