[Ip-health] Le Monde: L'Assemblée mondiale de la santé marquée par un clivage Nord-Sud

Thiru Balasubramaniam thiru at keionline.org
Sat May 22 00:44:07 PDT 2010


http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/05/21/l-assemblee-mondiale-de-la-sante-marquee-par-un-clivage-nord-sud_1361051_3244.html

Synthèse

L'Assemblée mondiale de la santé marquée par un clivage Nord-Sud
  | 21.05.10 | 17h12  •  Mis à jour le 21.05.10 | 17h12

Genève

La 63e Assemblée mondiale de la santé, qui s'achève vendredi 21 mai,  
restera dans les annales de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).  
Plusieurs thématiques ont fortement divisé les Etats du Sud et ceux du  
Nord, posant en filigrane la question de la capacité de l'agence  
onusienne à définir des orientations de santé publique au profit de  
ses 193 Etats membres, et celle de son indépendance face aux lobbies  
industriels.

L'Assemblée devait notamment se prononcer sur les recommandations d'un  
groupe d'experts, mandaté en 2008 pour proposer des modes de  
financement innovants et capables de stimuler la recherche et  
développement (R & D) sur les maladies négligées - ces pathologies qui  
touchent essentiellement les pays pauvres mais intéressent peu les  
grands laboratoires, faute de débouchés commerciaux.

Dès l'ouverture, les pays latino-américains prenaient la tête d'une  
fronde pour rejeter ce rapport, s'offusquant qu'aucune des  
propositions dérangeantes pour l'industrie pharmaceutique - comme des  
mécanismes permettant de ne plus lier les prix des médicaments au coût  
de la R & D - n'ait été retenue. Cela après que la Fédération  
internationale des fabricants de médicaments (IFPMA) eut pu consulter  
une esquisse du rapport (Le Monde du 18 mai).

Mardi 18, une pluie de critiques, venant également des pays  
asiatiques, s'est exprimée en présence de Margaret Chan, la directrice  
générale de l'OMS. Les Etats les plus remontés ont réclamé la création  
d'un "groupe intergouvernemental" travaillant sous le contrôle des  
Etats.

Les plus modérés ont plaidé, eux, pour la mise en place d'un nouveau  
groupe d'experts. L'Union européenne s'est ralliée à cette solution, à  
condition que le travail déjà effectué ne soit pas entièrement remis  
en cause. Les Etats-Unis ont estimé qu'il n'était pas nécessaire de  
rouvrir  un processus déjà "très riche en idées".

"LE DIVORCE EST INÉLUCTABLE"

Les discussions faisaient encore rage dans la soirée de jeudi, dans le  
cadre de consultations informelles menées sous l'égide de la Suisse.  
Les participants tentaient de dégager un consensus autour du nouveau  
groupe d'experts, dont le mandat serait cette fois clairement défini  
et limité dans le temps, et dont les 34 membres ne seraient pas  
choisis par Mme Chan et représenteraient toutes les régions du monde.

"C'est la première fois que les Etats membres, qui pensent depuis  
longtemps que l'OMS et son secrétariat ne les écoutent plus, donnent  
de la voix sur des questions aussi essentielles", remarque Michelle  
Childs, de Médecins sans frontières (MSF). A Genève, les débats sur  
les produits médicaux contrefaits, autre sujet de discorde, ont été  
très houleux. Vendredi matin, quatre projets de résolutions étaient  
encore en lice sur la question.

Les pays du Sud craignent qu'une définition trop large de ce fléau,  
qui engloberait aussi des aspects concernant la propriété  
intellectuelle (respect des brevets sur les médicaments et contrefaçon  
de marque), entrave le commerce des médicaments génériques, vitaux  
pour les pays les plus pauvres, et profite ainsi aux grands groupes  
pharmaceutiques.

Mercredi, le Brésil et l'Inde, producteurs de médicaments génériques,  
avaient accusé l'OMS d'agir dans ce sens, demandant à Mme Chan de  
rompre un partenariat établi en 2006 entre l'agence onusienne et le  
Groupe international de lutte contre la contrefaçon de médicaments  
(Impact), sorte de task force qui, outre des responsables d'Interpol,  
des douanes, de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et de la  
Banque mondiale, comprend des représentants de l'industrie  
pharmaceutique. "Le divorce est inéluctable", a estimé le délégué  
brésilien.

Mme Chan s'en est sortie par une pirouette, rétorquant que le  
partenariat avait été décidé avant sa nomination à la tête de l'OMS.

Agathe Duparc

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Thiru Balasubramaniam
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